J'ai 38 ans et je suis dans la rénovation depuis vingt ans. Ce métier, je ne l'ai pas choisi sur un catalogue : c'est mon père qui me l'a transmis, depuis tout petit. La peinture, les revêtements de sol et les revêtements muraux — et dans l'ordre, s'il vous plaît : préparation des supports, tracé, puis exécution. Sa phrase, je l'entends encore : « on ne rattrape pas une finition, on la prépare ».
Il nous a quittés, mais son exigence est restée sur chaque chantier : les angles qu'on reprend une fois de plus, la lumière rasante passée sur un mur avant de le déclarer fini. J'y ai ajouté la plaquisterie, apprise en formation — cloisons, doublages et enduits — pour maîtriser toute la chaîne, du gros œuvre à la dernière passe de peinture.
Aujourd'hui, mon fils a cinq ans. Je lui raconte mes journées de chantier le soir, et dès que je fais des travaux à la maison, il me suit avec sa petite boîte à outils d'enfant, bien décidé à participer. La transmission a visiblement déjà commencé — exactement comme elle avait commencé pour moi.
Ce que je livre à Nantes, à La Baule et à Pornic, ce n'est donc pas seulement le travail d'un artisan : c'est un nombre volontairement limité de chantiers par an, un seul interlocuteur du devis à la dernière passe, et la conviction qu'un intérieur bien fini se reconnaît encore vingt ans plus tard.
1980Mon père ouvre son atelier : peinture, revêtements de sol et revêtements muraux. Une règle, répétée toute sa vie : « on ne rattrape pas une finition, on la prépare ».
1994J'ai six ans et je passe mes mercredis sur ses chantiers. Officiellement pour tenir le mètre. En réalité, pour attraper la passion — ça a fonctionné.
2006Mes débuts pour de vrai, à dix-huit ans, à ses côtés. Préparation des supports, tracé, enduits : la formation la plus exigeante que j'aurais pu trouver.
2012J'ajoute la plaquisterie au métier familial : cloisons, doublages et enduits, du gros œuvre à la dernière passe de peinture.
2018Mon père s'en va. Je reprends le fil de son atelier, avec ses gestes, ses exigences et cette manière de regarder un mur de biais avant de le valider.
2024Mon fils a cinq ans. Le soir, je lui raconte mes journées de chantier ; et dès que je bricole à la maison, il arrive derrière moi avec sa boîte à outils d'enfant.
2026Vingt ans de métier, trois zones d'intervention, un carnet volontairement court et une clientèle qui juge sur les détails.